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Autour du Mont-Sainte-Odile

Le carreau d’arbalète d'André, trouvé au Rathsamhausen

26 Octobre 2017 , Rédigé par PiP vélodidacte


En 1997, André Schall était membre de l’équipe de bénévoles qui entouraient Charles-Laurent Salch aux châteaux d’Ottrott. Le 10 juin 1997, André accompagnait une classe verte de Cronenbourg, lorsque, après la passerelle de bois du Rathsamhausen, entre les deux portes du burg , il trouve un carreau d’arbalète.
Aujourd’hui, André monte souvent voir les Amchott aux châteaux  et il nous parle des chantiers d’alors. André nous a confié son carreau d’arbalète. Le voici !

Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen
Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen

Arbalète

L’arbalète était déjà connue du temps des romains. Au cours des siècles, elle a connu une longue évolution. Les systèmes de chargement, de tension du boyau se sont améliorés, jusqu’à en faire une arme terriblement efficace. Du temps des chevaliers, elle était mal considérée : arme des lâches, elle tue au loin, sans besoin de courage ou de force physique. Cependant, les carreaux d’arbalète transpercent une armure à plus de cent mètres : l’arme s’imposera.
Lors du Concile de Latran (1139), l’Eglise interdit l’usage de l’arbalète lors de combats entre chrétiens ! Mais, l’arme reste licite contre les infidèles. Bigre !
Voici les deux schémas proposés par C.L. Salch dans son ouvrage, La Clef des châteaux forts d’Alsace.

 

Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen

La forme des carreaux d’arbalète évolue au fil du temps. Le carreau retrouvé au Rathsamhausen date du début du XVIème siècle. Il mesure 6 cm de long et pèse 20 grammes.

Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen

Les archères du château de Lutzelbourg

Le château de Lutzelbourg à Ottrott possède de nombreuses archères. De formes bien différentes, elles sont les témoins de l’évolution des armements.

  • En bas des chemises du haut château : archères pour le tir à l’arc, avec fente verticale et niche de petite dimension.
  • Dans les murs boucliers : archères pour arbalète, avec fente verticale et vaste niche
  • Dans les braies et barbacanes : fentes de tir pour couleuvrines et bâtons à feu, en forme de clefs. Nous sommes au début du XVème siècle, les armes à feu ont changé l’art de la guerre.

Voyons les deux grandes archères des murs boucliers. Voici ce que voyait l’assaillant, coté extérieur du château.

Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen
Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen

Le mur bouclier est totalement aveugle, pas une ouverture si ce n’est une haute fente verticale, tournée vers le château voisin de Rathsamhausen.
Et voici, la même archère, vue de l’intérieur du château.

 

Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen
Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen

En fait, la fente étroite s’ouvre sur une vaste niche avec un arc surbaissé. La manœuvre de l’arbalète suppose de la place, du volume, pour renverser et recharger l’engin. On note que la niche comporte une sorte de petite armoire murale. Peut-être y logeait-on la réserve des carreaux ?

L’accès aux archères et au donjon du Lutzelbourg

Voici une photographie du l’intérieur du château de Lutzelbourg. On distingue, le donjon avec sa porte ogivale, les deux murs boucliers, les deux vastes niches d’archères pour arbalètes. Celle de gauche est complète, la façade de l’archère de droite s’est effondrée dans les fossés. L’ensemble reste saisissant.

 

Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen

Nous avons demandé à notre ami Raoul d’imaginer et de remettre en place les accès des archères et du donjon. Voici l’aquarelle de Raoul.

Le carreau d’arbalète d'André,  trouvé au Rathsamhausen

Notre artiste s’est basé sur les corbeaux et traces d’arrachement sur les murs pour imaginer les structures en bois. La galerie et l’escalier vers le donjon étaient-ils vraiment couverts ? Difficile à déterminer. L’accès à cette galerie se faisait-il du logis nord ou du sol ? Nous ne saurions le dire. Raoul a préféré ne pas traiter le sujet.

Merci à lui de nous faire rêver du Lutzelbourg au temps des chevaliers.

Sources

  • C.L. Salch, La Clef des châteaux forts d’Alsace, 1995
  • J.F. Fino, Armes et armées du Moyen Age, 1964

Le livre de Charles Laurent Salch fourmille de détails et d'illustrations sur le Moyen age en Alsace. Nous conseillons sa lecture à tous les passionnés!

La porte du donjon du Lutzelbourg

La porte du donjon du Lutzelbourg

Illustrations

  • Photographies, PiP
  • Aquarelle de Raoul Geib
  • Dessins d’arbalète et des carreaux, extraits du livre de C.L. Salch
  • Arbalète, dessins tirés de Bellifortis, Konrad Kyeser, ~1380

 

Les arbalètes dans le Bellifortis, 1380

Les arbalètes dans le Bellifortis, 1380

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Commenter cet article

Claire 14/11/2017 19:07

Oui, intéressant...les arbalètes, les carreaux d'arbalète, les archères, les murs boucliers...tout un monde lointain...

Gabriel 30/10/2017 13:51

Merci à toi pour tous ces détails forts intéressants...