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Autour du Mont-Sainte-Odile

La légende de Saint Landelin, à Ettenheimmünster

21 Novembre 2018 , Rédigé par PiP vélodidacte Publié dans #personnage

Pas loin de chez nous, de l’autre côté du Rhin, vous pouvez admirer dans une petite vallée reculée de la Forêt Noire une magnifique église baroque, isolée, avec ses fresques hautes en couleurs. C’est Ettenheimmünster et c’est l’occasion de vous raconter l’histoire de Saint Landelin.

 

Choeur de l'église

Choeur de l'église

Saint Landelin

Nous sommes au 7ème siècle. La Forêt Noire, comme nos forêts vosgiennes, est encore sauvage, quasi inhabitée. Rares sont les premiers colons qui osent s’y implanter, plus rares encore les missionnaires qui veulent y vivre leur foi.
Nous avons déjà raconté les vies de plusieurs de ces premiers croyants :

Landelin serait venu d’Ecosse pour évangéliser nos contrées. Il fait partie comme Saint Florent de ces moines ermites, écossais ou irlandais, qui s’installaient seuls dans la forêt, proches de la nature. Les récits de sa vie sont multiples, les miracles qui lui seraient dus sont légion. Voici la lecture ‘raisonnable’ que fait l’abbé Grandidier des diverses Vitae disponibles.

 

‘Landelin était originaire d’Ecosse, ou d’Irlande. Ses parents, disent les légendaires, y tenaient un rang distingué puisqu’ils tiraient leur origine des anciens Rois du Pays. Son zèle le conduisit d’abord en Alsace. Il passa ensuite le Rhin et vint dans cette contrée du diocèse de Strasbourg qui se nomme aujourd’hui Ortenau et fait partie de la souveraineté de la Maison d’Autriche, mais qui était alors un affreux désert devenu la retraite d’assassins et de voleurs, ce qui lui fit donner, à ce qu’on prétend, le nom de Mortinaugia. Landelin trouva à peine dans cette contrée quelques misérables colons qui y défrichaient des terres incultes. Il s’arrêta quelques temps chez un pauvre homme nommé Edulphe, qui était établi dans l’endroit où est aujourd’hui le village d’Altorff à un quart de lieu d’Ettenheim. Le saint s’enfonça de plus en plus dans les forêts et remontant le ruisseau d’Undiz, il trouva au cœur de la forêt un endroit agréable par sa situation qu’il choisit pour sa retraite.
Landelin n’y trouva pas le repos qu’il cherchait : le chasseur d’un seigneur voisin vint l’y trouver. Ce chasseur trouvant dans cette solitude un homme étranger, défait, occupé à la terre et au travail, ne put s’imaginer que c’était l’héroïsme de la sainteté qui l’avait conduit dans cette contrée. Il le prit pour un voleur : l’air suppliant du saint, ses habits tombant en lambeaux, le lieu où il le trouvait, tout aidait à tromper le chasseur. Croyant punir un de ces malfaiteurs qui infestaient le pays, il trempa ses mains dans le sang d’un innocent, qui mourut en priant Dieu pour son assassin.’

Grandidier, Histoire de l’Eglise et des Evêques - Princes de Strasbourg, L III

Le corps de Landelin fut inhumé dans l’église toute proche de Münchweier par la femme d’Edulphe et ses trois filles.

Les fresques de l’église

 

Fresques d' Anton Morath
Fresques d' Anton Morath
Fresques d' Anton Morath

Fresques d' Anton Morath

  • Arrivée du Chasseur
  • Assassinat de Landolin
  • Découverte du cadavre par la femme d’Edulphe

Les fontaines miraculeuses et le couvent

Selon la ‘Historia et Vita et martyrio S. Landelini’ (1621), cinq sources jaillirent alors à l’endroit où Landelin avait été assassiné. L’eau se révéla accomplir des miracles et les pèlerins vinrent, nombreux, se recueillir sur la tombe de Landelin. Plusieurs moines s’installent à proximité de la tombe du martyr. L’eau d’Ettenheimmünster serait bénéfique pour guérir les blessures, les fortes fièvres et les maladies des yeux.
Selon Grandidier, Widegerne est, en 720, nommé 24ème évêque de Strasbourg. Digne successeur d’Arbogast et de Florent, il fonde à Ettenheim un monastère nommé ‘Cella Monachurum’. C’est l’évêque Heddon (763) qui dote généreusement le couvent qui deviendra plus tard Ettenheimmünster. L’église est longtemps dotée de bâtiments de bains, très fréquentés.

 

Fontaine située à l'entrée de l'église

Fontaine située à l'entrée de l'église

L' abbaye devint très importante et fut particulièrement florissante à l'époque baroque; elle fut sécularisée en 1803 et détruite en 1865. L’église que nous admirons aujourd’hui date de cette époque baroque.
Aujourd’hui encore, nombreuses sont les personnes venant puiser de l’eau aux fontaines de Saint Landelin

Le buste reliquaire

Un magnifique buste de Landelin a été réalisé en 1506 à la demande de l’abbé Laurentius Effinger. Il est en argent martelé.
Le 22 septembre de chaque année, une procession permet de voir le reliquaire qui est alors promené dans les rues du village, accompagné d’une escorte à cheval.

 

La légende de Saint Landelin, à Ettenheimmünster

Sur le socle, on peut lire ces mots :

‘Magno nobilium natu praeclare virorum
Regibus é Scolis, qui generosus ades,
Qui patriam sectando Deum, qui pergama celsa
Linquis, ab immani cederis hoste Dei.’

Le buste n’est malheureusement pas présenté dans l’église.

L’Orgue et la tapisserie de Samson

Outre les belles fresque d’Anton Morath, l’église d’Ettenheimmünster propose un orgue d’Andreas Silbermann et une tapisserie du 18ème siècle représentant la lutte de Samson avec un lion. Les armoiries qui figurent sur la tapisserie sont celles de la famille de Nassau-Saarbrücken.

 

La légende de Saint Landelin, à Ettenheimmünster
La légende de Saint Landelin, à Ettenheimmünster

Sources

P. Grandidier, Histoire de l’Eglise et des Evêques-Princes de Strasbourg, L III,1777

Illustrations

Photographies, LoT

L’autre Saint Landelin

A la même époque, un homonyme vivait en France de l’intérieur. D’abord connu sous le nom de Maurosus, c'était un bandit de grand chemin.
Suite à la mort violente de son compagnon de brigandage, Maurosus se repend. Il vit en ermite plusieurs années avant d’entrer dans un monastère, où il prend le nom de Landelin. Plus tard, il fera plusieurs voyages à Rome et fondera plusieurs abbayes. Il meurt en 686 et sera canonisé sous le nom de Saint Landelin, comme notre ami d’Ettenheim.
Détail amusant, comme PiP, Landelin était originaire de la petite ville de Bapaume dans le Pas de Calais. Bigre !
Les prières à ce Saint Landelin vous soigneraient des verrues. Re-Bigre !

 

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